1 août 2011

Le retour à la vie quotidienne

J'ai donc voyagé à travers l'Inde pendant cinq mois. Quelques jours après mon arrivée là-bas, les pensées qui peuplent habituellement mon esprit avaient en grande partie disparues: le travail, les petites commissions à faire tous les jours, la mauvaise conscience de ne pas faire assez de sport, les projets de week-ends et autres. Je pouvais tout à coup me concentrer sur les choses importantes de la vie: où je dors ce soir, qu'est-ce que je mange aujourd'hui, qu'est ce que je visite demain, quelle sera ma prochaine étape, quel bus dois-je prendre, où est le prochain cybercafé, pour n'en nommer que quelques-uns. On a d'un coup la tête libre pour toutes sortes d'autres pensées et on se rend compte qu'en faite, on n'a pas de soucis dans la vie. Bien que j'aie vu et fait énormément de choses inoubliables, c'est peut-être cela l'aspect le plus agréable de mon voyage et ce qui me manquera le plus.
C'est beau aussi, à Hambourg
Malheureusement, toute chose touche un jour à sa fin. Heureusement, m'attendait chez moi quelque chose de très agráble: ma copine. Surtout après son séjour en Inde avec moi, elle m'a beaucoup manqué et je pense que si je refais un long voyage un jour, ce ne sera pas sans elle. Qu'elle m'attende à Hambourg rend le retour bien plus facile.
À part ca, la vie quotidienne reprend vite le dessus. La motivation d'aller travailler est très limitée. Il faut reprendre l'habitude d'être réveillé tous les jours par le réveil et de reprendre une routine. Je me rend compte combien de temps on perd à travailler et j'ai encore plus l'impression qu'avant que le temps courre et qu'on n'en a pas assez pour soi. C'est peut-être un peu plus extrême en ce moment, car j'ai pas mal de choses à organiser à mon retour. Mais c'est quand même effrayant. Mais il faut bien travailler pour financer les choses agréables de la vie.
Le temps particulièrement maussade de cet été à Hambourg ne rend as le retour plus facile. Au moins, j'aurai eu quatre mois d'été avant d'arriver dans cet automne prématuré. Sinon, j'avoue que je me réjouissais de retrouver certains aspects de la vie à Hambourg: les sorties en soirées le week-end, les concerts, le vélo, les bon petits pais au petit déjeuner, ou alors le fait de pouvoir choisir entre plus que cinq t-shirts. Tout de même, si j'avais le choix, je deviendrai voyageur professionnel.

27 juillet 2011

Le voyage se termine ici – Delhi


Déjà en arrivant au nouveau et ultramoderne terminal 3 de l'aéroport de Delhi, je sens un pincement au cœur: ce sera la dernière étape de mon périple indien. Dans cinq jours, je quitterai l'Inde. C'est déjà la cinquième fois dans ma vie que je passe à Delhi et j'ai bien l'intention de profiter à fond de mes derniers jours sur le sous-continent indien.
Anette est encore là deux jours et nous profitons à fond des opportunités de shopping paradisiaques qu'offre Delhi. Il s'agit non seulement d'acheter des souvenirs, mais aussi de nombreux vêtements, bijoux et accessoires (plus ou moins) bon marchés. Nous nous mélangeons aux indiens aisés dans les boutiques branchées de Connaught Place et aux autres touristes dans les magasins du quartier de Pahar Ganj. C'est aussi ici que nous logeons et je commence à m'y sentir un peu chez moi. C'est tout de même la troisième fois que je suis à l'hôtel Star Paradise, très recommandable pour son bon rapport qualité prix et son personnel charmant.
Qutub Minar
Quand Anette quitte l'Inde avec regret de ne pas pouvoir rester encore quelque temps, il me reste toujours trois jours pour faire encore plus de shopping et visiter les attraits touristiques de Delhi. En effet, bien que je sois déjà venu ici à plusieurs reprises, il m'en manque encore quelques-uns, et non des moindres. Grâce à l'excellent réseau de métro, on peu éviter les négociations ardues avec les chauffeurs d'autorickshaws pour rejoindre les sites historiques. Je suis fan du Delhi Métro! Je pars donc à la conquête du complexe de la Qutub Minar, tour datant du moyen age et classée au patrimoine mondiale de l'humanité. Ici se trouvent aussi les ruines de la première mosquée sur le territoire indien. Le parc archéologique couvrant les alentours abritent de nombreux autres monuments plus ou moins en ruines cachés dans les buissons. C'est romantique.
Lotus Temple
Je suis impressionné par le temple en forme de lotus de la communauté Bahaí, qui se dit ouverte à tous et très tolérante. Le bâtiment est un chef-d'œuvre de l'architecture contemporaine. Je passe une nouvelle fois à Nizamuddin, mon quartier préféré à Delhi où je parviens enfin à visiter le fameux mausolée soufi. J'y suis surpris par un orage de la mousson et je fuis en autorickshaw pour me mettre à l'abri au National Museum. Le trajet est une aventure, il pleut des cordes, le moteur de ma rickshaw est noyée par l'humidité et je dois changer de véhicule. Nous traversons l'averse sur des routes à moitié inondées. Je lis le lendemain dans le journal qu'il est tombé 50 mm en une heure. C'est beaucoup même en temps de mousson. Jer termine par la visite de Purana Quila (« vieux fort »), capitale de l'empereur moghol Humayun et de l'Afghan Sher Shah, désertée ensuite lorsque Akbar transféra la capitale à Agra.
Couché de soleil au dessus de Pahar Ganj
Pendant tout ce temps, je savoure une dernière fois la cuisine indienne. Avec le temps, j'ai vraiment commencé à apprécier la gastronomie du sous-continent. Bien que je me réjouis de manger un bon steak ou une grande salade composée, je sais déjà qu'elle me manquera. Après un dernier petit déjeuner de masala dosa dans l'une des dhabas près de la gare de New Delhi, je descend dans le Delhi Metro Airport Express. C'est À ce moment que je tourne le dos à l'Inde, car on pénètre ici dans un environnement stérile: c'est propre, climatisé, sans caractère, comme les aéroports moderne partout dans le monde. C'est la fin du voyage. Je reviendrai!

24 juillet 2011

Capitale du paradis sur terre – Srinagar

Comme peu d'autres régions en Inde, le Kashmir éveille les passions de tous ceux qui en parlent. Non seulement, la vallée au bord de l'Himalaya est très disputée entre l'Inde et le Pakistan, elle est aussi très réputé pour sa beauté. Pour beaucoup d'Indien, le Cachemire n'est pas moins que le paradis sur terre. Depuis que la situation géopolitique s'est un peu calmé, de nombreux touristes Indiens viennent donc sur place.
Bien sûr, nous aussi voulions nous rendre compte de quoi il a l'air, ce paradis. Du moins, nous voulions en avoir une impressions, car il ne nous restait que peu de temps. Cela nous a juste suffit pour passer quelques jours à Srinagar, la capitale estivale de l'Etat du Jammu et Cachemire.
Vue sur le lac de notre house-boat
Une dernière fois, nous avons enduré un long voyage en bus. Nous nous sommes payés le nus deluxe, ce qui nous a assuré une place assise. Nous connaissons déjà une partie du trajet, car nous passons à Lamayuru. Nous sommes contents de revoir ce magnifique village et le moonland juste à côté. De la côte menant au Foto La, le premier col du voyage, nous apercevons au loin le Konske La, que nous avions traversé à pied. Nous sommes déjà nostalgiques. La nuit tombe et lorsque le jour se lève le lendemain, nous passons le dernier col avant d'arriver dans la vallée du Cachemire. Le paysage a bien changé: c'est vert et humide, il y a des forêt, des restes de neige et des glaciers sur les hauteurs. Certains des passagers de notre bus sont très énervés et filment le paysage presque sans interruption avec leur téléphone portable. En faite, ca ressemble aux Alpes, mais les vallées sont plus profonde, les pics plus hauts et les pentes plus raides. En plus, on aperçoit de nombreuses mosquée de style cachemiri qui ressemble plutôt à des pagodes. La présence militaire un peu partout est impressionnante.
Dans la vielle ville de Srinagar
Après la tranquilité de Leh, en arrivant à Srinagar, ville de presque 1 million d'habitants, nous sommes assommés par le bruit et comme prévu les rabatteurs envahissants. La recherche d'un house-boat est longue et fatigante, mais nous trouvons un logement satisfaisant, pas trop cher et bien situé sur le Dal Lake. Par rapport à toutes les autres destinations indiennes, Srinagar est une ville cher, c'est un peu honteux ce qu'ils demandent pour les chambres sur les bateaux, mais cela en vaut la peine.
Après la première nuit sur l'eau nous découvrons les nombreux côtés attrayants de Srinagar: la vieille ville peu touristique avec ses ruelles, ses canaux et ses nombreuses mosquées, l'excellente gastronomie du Cachemire, les jardins moghols et surtout le Dal Lake. Nous faisons deux tours en shikara (des petits bateaux propulses à la rame), et les deux sont les points d'orgues de notre séjour. Nous découvrons la vie sur l'eau, le paysage, a faune aviaire, les nénuphars et lotus, buvons un thé cachemiri et profitons du calme. Dommage que nous sommes souvent dérangés par les vendeurs itinérants.
Sur le Dal Lake
Nous quittons Srinagar en avion pour gagner du temps. Avant de pouvoir quitter la ville, il faut passer par l'aéroport archi-sécurisé. À un kilomètre du terminal, notre autoickshaw nous dépose au check-point de sécurité. Personne ne passe sans contrôle, les voitures sont fouillées. On recommence avent de rentrer dans l'aéroport, puis plusieurs fois au sein du bâtiment. Avant qu'elles sont embarquées dans la soute de l'avion, chacun doit identifier ses bagages. Le tout me paraît un peu exagéré, mais c'est peut être nécessaire. Nous décollons enfin pour Delhi, dernière étape de mon voyage.

18 juillet 2011

Monastère et palais royal - de Thikse à Shey

Après mous être un peu reposé de notre longue randonnée, nous avons profité de notre dernière journée à Leh pour une petite excursion dans les environ. Nous avons visité le très pittoresque monastère de Thikse, de où nous avons fait une belle petite balade dans la pleine de l'Indus pour rejoindre Shey, l'ancienne capitale du Ladakh. S'y trouve l'ancien palais royal, en ruine, mais très romantique et offrant des points de vues sublimes.
Thikse
Voici quelques photos.

16 juillet 2011

Un trekking au Ladakh – de Lamayuru à Chilling

Depuis des mois, c'était prévu de faire une randonnée de plusieurs jours dans la haute montagne du Ladakh. Dès notre première journée À Leh, nous avons donc fais le tour des agences pour évaluer nos options et nous faire conseiller. Après mure réflexion, nous avons choisi de faire une randonnée de cinq jours de Lamayuru à Chilling, accompagnés par un guide et cuisinier et avec des poneys (ou plutôt des ânes) pour transporter nos bagages et nos provisions. Vu que son propriétaire Javed nous avait très bien conseillé, nous demandons à l'agence Ladakh Tours Escort de nous organiser le tout. Un choix que nous n'avons pas regretté.
Lamayuru
Avant que la randonné commence, notre forfait qui incluait tout comprenait une journée de transfert en jeep vers Lamayuru à environ 120 km de Leh. En route, ous faisons un peu de tourism. Un premier arrêt nous permet de visiter le très pittoresque monastère de Likkir, le plus important des monastères des bonnets jaunes au Ladakh. Ensuite, nous visitons Alchi, le plus ancien monastère de la région qui abrite de magnifiques peintures murales (photographies interdites). En arrivant à Lamayuru, Anette et moi avons l'occasion de visiter le très beau village et monastère qui harmonise parfaitement avec le paysage de rêve.
Pendant ce temps, notre camp a été mis en place et notre dîner cuisiné. Comme tout les soir lors de notre randonnée à travers les vallées et par les cols de notre trajet, notre guide et cuisinier Chandra nous à concocté un dîner impérial. Nous avons toujours commencé par une soupe en entrée. Ensuite nous étaient servis plusieurs mets en guise de plat de résistance (toujours très nourrissants avec beaucoup de légumes) et nous finissions toujours par un bon dessert. Tout cela était loin d'être de la simple cuisine de camp. Tous les soirs, nous étions abasourdis en découvrant ce que Chandra nous cuisinait: cuisine indienne, népalaise, ladakhi, chinoise, ainsi que des classiques de la cuisine occidentale. Deux fois, nous avons eu du gâteau en dessert et le dernier soir, des frites et une pizza!
Au petit déjeuner, nous pouvions également nous remplir l'estomac à raz-bord, nous devions prendre des forces pour la journée. Bien sûr, nous avions aussi toujours droit à une boite de provisions bien remplie pour le déjeuner en route. À par ca, rien ne nous manquait et nous étions gâtés. Nous n'avons jamais monté notre tente nous-même. En arrivant à la destination de la journée, nous avion d'abord droit à un thé et des biscuits. Le matin, nous étions réveillés avec un « wake-up tea » et une petite cuvette d'eau chaude pour se laver. Nous pouvions donc pleinement nous concentrer sur notre randonnée.
Vue du Konzke La
La randonnée était une expérience inoubliable. Dès le premier jour, nous avons traversé un petit col, le Prikti La à environ 3800m d'altitude. Nous avons visité le monastère de Wanla, ou nous avons eu la chance d'assister à une procession lors de laquelle la population local portait des tenues traditionnelles. Le lendemain, une étape facile nous mène au pied du Konzke La, le col le plus élevé de la randonnée à 4950m. Le lendemain, l'ascension est longue et fatiguante, mais pas trop difficile. Au sommet, nous sommes gratifiés par un panorama magnifique. Les deux jours qui restent, nous franchissons encore deux cols, chacun largement plus haut que 4000m.
Le paysage en route est très varié. Sans surprise, il y a des passages très arides ou on ne voit que de la terre sèche et les crête des alentours. Par contre, dès que nous atteignons une vallée avec une petite rivière, la verdure fait son apparition grâce aux systèmes d'irrigation des paysans. Nous apercevons beaucoup de sommets enneigés. Surtout les derniers jours, nous sommes surpris par la palette de couleur des montagnes: brunes, jaunes, rouges, turquoises, noires. Nous sommes aussi témoins d'un phénomène naturel très particulier: à cause d'une fine couche de nuage se forme un arc en ciel en anneau autour du soleil. Puis se forme un deuxième anneau plus grand. Je ne savais pas que cela existait.
Notre camp près de Sumda Chenmo
Bref, nous avons passé des journées inoubliable: nous avons été traités comme des rois, nos ânes ont porté nos bagages et nous pouvions nous concentrer sur la randonnée et les paysages de rêve. Comme les étapes n'étaient pas trop longues, nous avions le temps de bien récupérer l'après-midi. La marche se faisait sentir dans les jambes et nous sentions parfois l'effet de l'altitude, mais en général, la randonnée que nous avions choisie n'était pas trop dure. Un choix idéal. En rentrant à Leh, cette petite cille paisible nous paraît très bruyante. Nous nous étions tellement habitués au calme paisible de la montagne. Nous nous couchons très tôt.
Bien sûr, j'ai fait plein de photos.

15 juillet 2011

Juley – arrivés à Leh, la capitale du Ladakh

« Juley », c'est le mot le plus important à connaître quand on arrive au Ladakh. Ça veut dire bonjour, au revoir et merci, ce qui mène déjà assez loin. Surtout les hommes ladakhis un peu âgés aime vous dire bonjour avec un « juley juley » à voix très élevée. Cela exprime aussi l'attitude des ladakhis, qui sont très ouverts et sympathiques, tout en étant peu envahissant.
Leh, la capitale du Ladakh, est donc le lieu idéal pour récupérer du long voyage en bus très fatiguant de Manali, se préparer à une randonnée de plusieurs jours à travers la haute montagne des environs et continuer l'acclimatisation à l'altitude – la petite ville est située à 3.500 mètres d'altitude. Comme tous les lieux des environs, Leh est un oasis de verdure dans le très aride désert le plus élevé du monde. La ville était jadis le siège des souverains du Ladakh, on trouve donc ici un palais tombant un peu en ruine qui semble être une réplique en miniature du palais de Lhasa, au Tibet. La proximité du Tibet est palpable aussi dû à d'autres aspects de la villes et de la région. On trouve de nombreuses gompas (monastères bouddhiques) et stupas (une espèce de monument au morts), il y donc pas mal de choses à voir. L'atmosphère à Leh est particulière. On trouve ici la population locale d'origine tibétaine et d'Asie centrale, des réfugiés tibétains, des moines bouddhiques, de nombreux militaires (la frontière avec le Pakistan es la Chine n'est pas loin), des touristes aisées des pleines indiennes ainsi que de nombreux voyageurs occidentaux. Je suis spécialement étonné par le nombre de touristes français de tous ages.
Nous passons donc à Leh des journées assez détendues, faisons un peu de tourisme, savourons la gastronomie tibétaine (momos et thukpas) et faisons connaissance avec d'autres touristes. Nous évitons la Changspa Road, où se trouve l'essentiel de l'infrastructure touristique. Malheureusement, notre séjour à Leh est assez court, car après deux jours passés sur place, nous nous mettons déjà en route pour notre randonnée. Heureusement, nous revenons ici ensuite pour passer deux jours de plus de détente.

10 juillet 2011

Un voyage usant à travers un paysage de rêve – de Manali à Leh

Si on ne rejoint pas Leh en avion, le voyage pour arriver dans la capitale du Ladakh est très fatiguant. En arrivant du sud, il faut emprunter la route de Manali à Leh, qui mêne à travers la haute montagne sur une distance de 460 kilomètres. On traverse 5 grands cols, dont le Tanglang La, le deuxième plus haut col routier du monde.
Le bouchon au col du Rohtang
Nous choisissons une façon peu confortable, mais sympathique et bon marché pour effectuer le voyage et prenons des bus publics. Tour d'abord, il faut rejoindre Keylong, de où on prend un autre bus le lendemain matin pour effectuer la majeure partie du trajet vers Leh. Lorsque nous montons dans le bus à 4 heures du matin, il faut se battre pour réussir à monter à bord, vue le monde. Nous n'avons pas de place assise et devons donc faire le voyage debout. Au début, le bus va assez vite, certains passagers (des locaux!) vomissent par la fenêtre, nous admirons le paysage splendide. Peu après la pause pour le petit déjeuner, on n'avance plus. Il y a un gros bouchon dans la montée vers le col du Rohtang (un peu plus de 3.900 m). La raison: le très mauvais état de la route et la circulation importante. De nombreux touristes indiens montent au Rohtang (souvent en combinaison de ski) pour voir les quelques champs de neige sale qui se trouvent ici. Pour beaucoup, ce sera la seule neige qu'ils verront dans leur vie. On avance donc très lentement sur les pentes, le bouchon nous coûte au moins quatre heures. Le voyage continue à travers la vallée de la Chandra, parfois verte, parfois très rude et entourée de magnifiques piques. Nous arrivons épuisés à Keylong, où nus organisons la suite de notre voyage: on peut réserver des places. En attendant, je dois payer une amende pour avoir fumé en public. Le soir, tôt au lit: on reprend le bus très tôt le lendemain.
Coucher du solei à 5300 m d'altitude
À 5 heures du matin, nous avons pris place dans le bus. Aujourd'hui aussi, nous attend un très long trajet en bus. Il sera encore plus long que prévu: nous arrivons à Leh peu avant minuit, après presque 19 heures de route. C'était le plus long voyage en bus de ma vie, mais aussi le plus beau. Le paysage est simplement magnifique. Des pics enneigés se reflètent dans un lac au col du Baralacha La, de bizarres formations rocheuses s'accrochent à la montagne on loin de Pang, au bord de la route broutent des Ibex (une espèce de bouquetins). La montagne est très variable: pics enneigés, pentes raides et arides, prairies vertes et pleines de fleurs, roches de différentes couleurs, il y a de tout. Nous arrivons au Tanglang La, le plus haut point du trajet, juste à temps pour le coucher du soleil. Ensuite, nous attend une longue descente dans le noir jusqu'à ce que nous arrivons finalement à Leh.
Nous avons assez pris le bus pour quelque temps, nous sommes épuisés, mais heureux lorsque nous arrivons. C'était tellement beau, le voyage à lui seul en valait la peine. C'était également le bon choix d'avoir pris le bus public. Bien que peu confortable, le voyage en commun crée une vraie petite communauté temporaire entre les passagers. De plus, c'est une rare occasion de rencontre entre des touristes indiens et étrangers et la population locale.
J'ai bien sûr pris des photos en route qui donne une impression de la beauté du voyage.

6 juillet 2011

L'idylle au bord de l'Himalaya – Manali

Manali est à plus de 800 kilomètres de Delhi, le voyage en bus de nuit est plutôt rapide, 14 heures. Le bus est confortable, c'est donc supportable. Le dernier morceau du trajet est magnifique: nous longeons la rivière Beas dans la vallée de Kullu, entourés de pentes verdoyantes et de vergers de pommiers.
Old Manali
Manali est situé à plus de 2000 mètres d'altitude, entouré de pics de 6000 mètres, mais la petite ville est bien accessible car il n'y a pas de col à passer pour y arriver. Le lieu est donc assez touristique, très populaire auprès des touristes indiens (plutôt aisés) et internationaux. C'est en plus une étape idéale en route vers la région de haute montagne de Ladakh, à 450 kilomètres plus au nord, notre prochaine destination.
Nous passons trois jours très détendus à Manali. Anette doit s'acclimatiser à l'Inde et récupérer du long voyage et du stress du boulot. Pour ma part, j'ai également un peu besoin de repos après quelques semaines de tourisme assez intensif. Nous passons donc des journées paisibles, sans tout de même manquer les quelques attraits touristiques et en faisant de belles balades vers le village voisin de Vashisht et le centre historique du vieux Manali. Nous en profitons aussi pour faire un peu de shopping. À part ca, nous admirons le paysage magnifique et nous régalons des truites sauvages servies dans les nombreux restaurants.
Pour moi, un agréable changement sont les températures qui règnent ici: une trentaine de degré la journée, frais le soir (il faut mettre un pantalon et des longues manches), la nuit, j'ai besoin d'une couverture. Ça fait du bien de ne pas avoir chaud tout le temps et de ne pas finir ses journées en sueur et couvert de poussière.
Demain nous attend un long voyage en bus vers Leh, que nous allons faire en deux jours. Ça va être fatiguant, mais je me réjouis tout de même. La route, qui est la deuxième plus élevée du monde, mène à travers un paysage magnifique. J'en parlerai!

30 juin 2011

Encore un fort sur la route vers Delhi – Gwalior

Comme le trajet de Khajuraho à Delhi me paraît un peu long pour le faire en une fois, je décide de passer une journée à Gwalior, qui se trouve environ à mi-chemin. La ville est surtout connue pour son immense fort, qui domine la ville du haut d'un plateau rocheux. Au sein des murs du fort, il n'y a plus beaucoup d'anciens bâtiments encore existant. Tout de même, le palais de Man Singh est intéressant, car sa façade arbore des belles décorations de carrelage colorés et des motifs aimaux. On trouve aussi quelques beaux temples anciens.
Man Singh Palace
Je visite aussi l'immense palais de Scindias, qui régnaient sur la région jusqu'à l'indépendance. L'imposante structure datant de 1875 pourrait aussi être le château d'un souverain européen. Les maharajas de l'époque vivait das un luxe qui me paraît indécent, car leurs sujets vivaient sans doute en grande partie dans des conditions de grande pauvreté. Tout de même, je suis impressionné: le darbar hall (salle d'audience publique) aux murs dorés contient les deux plus grands lustres du monde, dans l'immense salle de dîner, les invités étaient servis par un petit train miniture.
La ville en elle-même n'est pas particulièrement intéressante, mais très étudiante et agréablement peu touristique. On trouve facilement de simples restos bon marché où on peut déguster d'excellents plats végétariens bien épicés. En même temps, on n'est pas dérangé constamment par des commençants voulant vendre leurs produits artisanaux. Je découvre aussi avec plaisir une filiale de ma chaîne gastronomique préférée, Indian Coffee House. Celle-ci appartient à la coopérative des producteurs de café indien, o y trouve donc du bon et « vrai » café et ce à très bon marché. J'y prend donc mes petits déjeuners, il faut en profiter, car du bon café, c'est rare ici.

29 juin 2011

Kama Sutra sous le parapluie

En arrivant à Kajuraho en train le matin, je suis accueilli par une situation très inhabituelle: il pleut. La mousson du sud-ouest a atteint la région, les précipitations longtemps attendues par la population locale tombent enfin du ciel. Ce ne sont pas des pluies torrentielles, on dirait plutôt une journée de pluie comme chez nous, sauf qu'il fait plus chaud (je dirais entre 25 et 30 degrés). Comme je voyage avec peu de bagages cette semaine, j'ai laissé mon KWay à Delhi. In ne me rest donc plus qu'à acheter un parapluie avant de me mettre en route pour explorer les sites touristiques sur place.
Khajuraho est mondialement connu pour ses temples arborant des sculptures érotiques. En effet, on y trouve de nombreuses sculptures de couples (ou groupes de trois ou quatre) en plein acte sexuel dans des position plus ou moins acrobatiques. Mais ce n'est pas forcément pour cela que les temples de Khajuraho sont si impressionnant. Ils font partie des plus beaux temples que j'ai vu e Inde, et j'en est vu beaucoup. Les sculptures sont d'une finesse irréprochable, les femmes semblent en plein mouvement, elles semblent danser. C'est très sensuel et vraiment unique. On peu passer des heures à contempler les fassades (et l'intérieur) des temples et à trouver des trésors cachés das les coins et recoins des bâtiments.
Mis à part les temples, il n'y a pas grand chose à voir à Khajuraho: il y a un petit vieux village et énormément d'infrastructures touristiques. Par contre, ce n'est pas fait (comme par exemple Hampi) pour les voyageurs en sac à dos, mais plus pour les groupes organisés. Je ne m'y plaît donc pas énormément et file à Gwalior le lendemain matin.

26 juin 2011

La ville sainte – Varanasi

Il est presque impensable de faire un voyage en Inde sans visiter Varanasi, l'une des plus vielles villes encore habitées du monde et surtout – pour les hindous – la ville la plus sacrée du sous-continent. Je profite donc de la semaine que j'ai entre le départ d'Andrea et l'arrivé de mon deuxième visiteur, mon amie d'enfance Anette pour un petit crocher en direction de sud-est. Mis à part Varanasi, je compte également visiter Khajuraho et Gwalior.
On ne vient pas à Varanasi pour visiter des monuments, mais plutôt pour capturer l'atmosphère qui règne dans la ville. La meilleure façon d'y arriver est de passer beaucoup de temps sur les ghats, ces marches qui bordent les rives du Gange, et dans le lanyrithe de ruelles de la vielle ville. Je prend aussi un chambre dans un hôtel avec vue sur le Gange et les ghats pour ne rien manquer.
Je passe donc mes trois jours sur place à me promener le long du fleuve ou à m'asseoir sur les marches pour observer ce qui e passe. Entre deux, je vais faire une petite balade dans la vieille ville. On ne peut pas faire autrement que de se perdre dans les ruelles, mais ce n'est pas bien grave, car tôt ou tard on tombe de nouveau sur les ghats. Le matin, il faut se lever de bonne heure, car les choses sérieuses commencent avec le lever du soleil. Les pèlerins viellent pour le bain rituel matinal. Cela n'est de loin pas la seule chose intéressante qui se passe au bord de l'eau. Il y a toujours de l'activité. On vient ici faire sa toilette, laver le linge, sont coupés les cheveux et rasées les barbes, on donne aussi leurs bain aux buffles d'eau. On est aussi beaucoup abordé. Bien sûr, comme partout, on essaie de me vendre tout un tas de services, tour en bateau, massages et autres. Nulle part ailleurs en Inde on ne m'a offert autant de drogues. De plus, il y a des groupes de jeunes hommes qui viennent exprès de la campagne environnante pour avoir l'occasion de parler en anglais avec des étrangers. Si on s'y prend au jeu, on peut avoir des conversations intéressantes. Sans surprise, le rêve du jeune étudiant indien est de trouver un bon boulot dans un pays occidental.
Pendant mon séjour à Varanasi, je peux observer les premières conséquences de la mousson. En effet, en trois jours, le niveau du fleuve monte considérablement. Je dirais qu'il a monté de 2 mètres. Le troisième jour, on ne peut plus longer les ghats partout et la plage sur l'autre rive que j'avais rejoint en bateau la vielle est maintenant sous l'eau. La crue a aussi un autre conséquence. En combinaison avec la pollution (je trouve l'idée de se baigner dans cette eau vraiment répugnante), la crue semble causer un grand manque d'oxygène dans le fleuve. En effet, un matin, des milliers de poissons se laissent flotter non loin des berges dans un état assez apathique. Ce jour là, le bain sacré est repoussé au second rôle. Armés de filets improvisés, de draps ou de leurs mains nues, ils sot occupés a cueillir des poissons (on ne peut pas appeler cela autrement). Qui attrape un gros poisson ou une belle anguille est acclamé par les autres.
Bien sûr, ont également lieu ici des crémations. Plus précisément,il y a deux ghats ont sont incinérés les morts sur des buchers. Cela fait assez bizarre d'y passer et d'observer ce qui se passe. Dans l'air flotte une odeur de chaire brulée, on voit les sépultures enveloppées de beaux tissus et les familles en deuil. Sur les berges de ces ghats, des gens passent les cendres au peigne fin a la recherche de bijoux et de métaux précieux qui se laisseraient revendre. Et pas loin de là, d'autres prennent leurs bains dans le fleuve comme si de rien n'était.
Sarnath
Je profite aussi de ma visite à Varanasi pour faire un tour à Sarnath, qui se trouve juste à côté. Le village est un lieu de grande importance pour le bouddhisme. Ici, le bouddha tînt son premier sermon après avoir atteint le nirvana. Il y a des ruines de monastères, des stupas et des temples modernes. Au musée archéologique se trouve le lion d'Ashoka, l'emblème national de l'Inde. La sculpture en grès ornait la pointe d'une colonne érigé au troisième siècle avant notre ère par le roi maurya Ashoka, qui es généralement reconnu comme le premier grand souverain du sous-continent.

24 juin 2011

Une nouvelle phase de mon voyage se termine – Delhi

Les quatre semaines qu'Andrea a voyagé avec moi en Inde ont passé bien trop vite. Il est temps de nous séparer, notre arrivée à Delhi annonce l'inévitable: alors qu'Andrea doit rentrer à Hambourg, mon périple se poursuit encore pendant un bon mois. Bien sûr, comme les mois précédents, je vais profiter à fond de mon expérience en Inde. Au moins, en rentrant, j'ai quelque chose auquel me réjouir.
Avant de devoir nous séparer, nous avons encore une journée et demie pour visiter Delhi. Nous « sacrifions » la demie journée pour faire du shopping. Delhi est idéale pour cela, on trouve tout, de la bricole bon marche mais aussi des vêtements de marques. Ces derniers paraissent bien coûteux ici, mais pour nous, si on compare aux prix européen, c'est une vrai affaire.
Malheureusement, le lendemain matin, je me réveilles avec des problèmes digestifs. Ce n'est vraiment pas le moment, d'autant que j'avais été épargné depuis bien longtemps. Cela nous empêche pas de nous mettre en route pour explorer la capitale indienne. Vu le peu de temps qui reste à Andrea, nous nous concentrons sur quelques sites. Bien sûr, la visite du vieux Delhi avec sa Jama Masijd (la plus grande mosquée de l'Inde) et ses ruelles grouillant de monde est un passage obligé. Vu que j'avais beaucoup aimé le mausolée de l'empereur Humayun et le quartier adjacent de Nizzamuddin lors de ma dernière visite à Delhi, nous y passons l'après-midi. Nizzamuddin se trouve autour d'un très important sanctuaire soufi, le quartier est donc sous forte influence musulmane et l'ambiance qui y règne est très particulière.
Le lendemain matin, la séparation est bien difficile, les larmes coulent. De retour de l'aéroport, je ne suis pas très motivé de partir en vadrouille. Je passe donc la journée dans le quartier de Pahar Ganj, ou logent la plupart des voyageurs. Je ne me repose pas seulement, car j'ai du boulot: j'ai pris pas mal de retard avec mon blog ces dernières semaines et je compte bien le rattraper! La journée passe donc bien vite. Le soir, je monte dans le train pour Varanasi. Je voyage donc de nouveau seul, mais ce ne sera pas pour longtemps...
Ici aussi, peu de photos cette fois. Les photos de mes dernières visites à Delhi sont ici et ici.

22 juin 2011

La gloire des Moghols – Agra et Fatehpur Sikri

Sur la route de Jaipur à Agra, nous nous arrêtons à Fatehpur Sikri, qui fût pour une brève période la capitale de l'empire Moghol sous le règne de l'empereur Akbar. Comme Akbar aimait beaucoup le grès rouge, sa capitale est entièrement construite de cette pierre. Comme Fatehpur Sikri manquait d'eau, la ville n'était pas très adapté à être la capital d'un immense empire et la cour retourna assez vite à Agra. On trouve tout de même à Fatehpur Sikri une immense mosquée ainsi qu'un groupe de palais magnifiques.
Fatehpur Sikri
Le lendemain matin, nous nous levons de très bonne heure pour observer le Taj Mahal dans le le lever du soleil du toit de notre hôtel. C'est un peu nuageux mais la lumière est tout de même belle. Nous allons ensuite directement visiter le mausolée de marbre blanc pour être sur les lieu avant que les masses de touristes arrivent. Bien que c'est ma deuxième visite ici, je suis à nouveau très impressionné.
Il y a à Agra également bien d'autres choses à voir que le Taj Mahal. Nous prenons donc un autorickshaw pour la journée. Nous commençons par le fort, dont les palais de marbre blanc (ce qu'aimait beaucoup l'empereur Shahjahan) et de grès rouge (la préférence d'Akbar) harmonisent très bien. C'est l'un des plus beaux forts de l'Inde, moins somptueux que les palais des Rajputes, mais tout aussi impressionant et beau a voir. Le mausolée d'Akbar, un peu en dehors de la ville, est un havre de paix richement décoré qui vaut le détour. Pour finir, nous visitons I..., nommé aussi « Baby Taj ». Ce mausolée de marbre blanc est entièrement recouvert de décorations magnifiques. Notre circuit se termine par la vue sur le Taj Mahal de l'autre rive du fleuve Yamuna. Nous ne payons pas l'entrée exagérément chère du parc se trouvant là et prenons le chemin pas sis secret e trouvant à côté. Il y a des barbelés par terre pour protéger la fierté de la nation indienne, mais la vue est imprenable.
La partie la plus romantique de la journée nous attend le soir. Nous sommes de retour sur la terrasse du toit de notre hôtel à temps pour le coucher du soleil. Bien sûr, la vue sur le Taj Mahal dans la lumière du soleil couchant est unique. Mais ce n'est pas seulement ca qui rend le moment inoubliable. Nous logeons dans le quartier de Taj Ganj, qui fût construit à proximité du Taj Mahal pour les ouvrier qui le bâtissaient. Malgré ses hôtels bon marché et commerces pour touristes, le quartier a gardé son caractère original, la population est toujours plutôt modeste. En début de soirée, les garçons (grands et petits) du quartier montent sur les toits des maisons et font grimper leur cerf volants, se livrant de temps à autres des batailles dans les airs. Devant la coulisse du Taj et dans le soleil couchant, c'est un spectacle que je n'oublierais pas de si tôt.
Comme j'étais déjà venu à Agra il y a trois ans, je n'ai pas fait énormément de photos cette fois. Pour ceux à qui elles ne suffisent pas, les photos de ma dernière visite sont ici.

20 juin 2011

La ville rose – Jaipur

Nous traverson en train presque tout de Rajastan d'oust en est pour atteindre Jaipur tôt le matin. La capitale du Rajastan est notre première étape dans le tringle d'or, qui comprend également Agra et Delhi, nos prochaines étapes. Comme les villes que nous avons visitée précédemment, Jaipur est marquée par une dynastie de maharajas raputs. Il y a donc ici également un palais somptueux, dans la petite ville voisine d'Amber, l'ancienne capitale, on trouve aussi plusieurs forts. Jaipur ne nous emballe pas tout à fait. Bien plus grande que les autres ville que nous avons visitées au Rajastan, elle est aussi beaucoup plus chaotique. De plus, Jaipur est une ville très commerçante. Dans la grande vielle ville, un magasin côtoie le prochain et il y a du monde partout.
Jantar Mantar, Jaipur
Tout de même, Jaipur a quelques attraits. Mis à part le palais, la visite de l'ancien observatoire céleste ainsi que du « palais des vents » Hawa Mahal vaut le détour. Ce dernier a été construit pour les dames de la cour. Les moghols ont amené en Inde les coutumes du monde musulmans qui ne permettent pas au dames de la cour de se montrer en public. De plus régnait dans les palais une très stricte séparation des sexes. Ces coutumes furent adoptées par les Rajputs hindous et suivies jusque dans les années 50 du vingtième siècle. Malgré tout, ces dames devaient avoir la possibilité de suivre ce qui se passait hors du palais. Depuis les fenêtres grillagées de Hawa Mahal, elles pouvaient observer en détail ce qui se passait dans la rue sans être vues elles-mêmes.
Amber, la ville et le fort
À une dizaine de kilomètres de la se trouve Amber, la bien plus pittoresque ancienne capitale qui fût abandonnée pour Jaipur lorsqu'elle devint trop étroite. S'y trouve Amber fort avec un magnifique palais dans une coulisse naturelle d'une grande beauté. Au dessus se trouve au sommet d'une montagne un autre fort (également avec un palais), construit pour défendre Amber Fort. De là haut, on a une vue imprenable sur les environs. On comprend aussi très vite pourquoi ce lieu exact fût choisi pour fonder Amber. La ville est presque entièrement entourée de montagne, ce qui lui donne une protection naturelle. Cela n'empêche pas que l'on ait construit d'impressionnantes murailles autour, qui sont encore debout aujourd'hui.

18 juin 2011

La ville en or dans le désert – Jaisalmer

Lorsque nous débarquons à Jaisalmer avec le train de nuit à 5 heures du matin, la ville nous montre sa mauvaise face. Nous sommes assaillis par les pires chauffeurs de rickshaws et rabatteurs que j'ai rencontré jusque là pendant mon voyage. Chacun veut nous convaincre de le suivre, et nous sommes encore longtemps poursuivis après avoir décidé de rejoindre l'hôtel où nous voulions loger à pied. Bien que Jaisalmer vive presque exclusivement du tourisme et que le nombre de touriste et très limité en cette saison, c'est vraiment trop. Cette façon de se comporter est plutôt néfaste pour l'image que la ville a auprès de ses visiteurs.
Jaisalmer, la vielle ville et le fort
Après quelques heures de repos, nous découvrons le beau côté de la ville. Jaisalmer était jadis une étape importante sur la route des caravanes vers l'ouest, ce qui lui apporta son affluence. Aujourd'hui, c'est une petite ville au fin-fonds du Désert du Thar, à l'extrême occident du Rajastan. La frontière avec le Pakistan n'est plus très loin. Jaisalmer est entièrement construite de grès jaune, ce qui lui porte le nom de ville en or. Elle est surplombée par un magnifique fort majestueux, qui abrite nom seulement le palais du maharaja, mais ou vivent aussi de nombreux gens « normaux » qui y ont leurs habitations. Le fort de Jaisalmer est donc peut être le seul fort encore « vivant » au monde. Mis à part le dérangement constant des nombreux commerçants et autres habitants voulant offrir leurs services au touristes, la ville est très agréable. Nous passons beaucoup de temps dans les ruelles à profiter de l'atmosphère particulière et à admirer les magnifiques façades des demeures.
Quand on passe à Jaisalmer, un safari en chameau (ou plutôt en dromadaire) est presque obligatoire. Vu notre temps limité, nous optons pour une excursion de deux jours, avec une nuit à belle étoile dans le désert. L'agence que nous prenons pour notre safari, Thar Safaris, s'avère être un excellent choix (même si les gérants de notre hôtel sont un peu déçus que nous n'ayons pas choisis le safari qu'ils proposent), tout est parfaitement organisé. Nous ne sommes qu'à deux et sommes accompagnés par deux très jeunes chameliers qui s'occupent de nous à merveille. Comme c'est d'usage lors de ce genre d'activités en Inde, on prend soin de tout pour nous. Nous n'avons qu'à profiter et nous reposer pendant que nos accompagnateurs cuisinent pour nous et se chargent de notre bien-être. Le transport à dos de chameau est très agréable, on avance assez lentement à travers le paysage étonnement varié du désert. C'est très méditatif,
Deux "caravanes" se rencontrent
Le meilleur moment du safari est, comme prévu, la nuit passé dans le désert. On se croirait loin de tout (pourtant, la civilisation n'est pas loin), autour de nous paissent les chameaux et au dessus de nous, la pleine lune brille. Nous avons beaucoup de chance, car cette nuit là, il y a une éclipse totale de la lune. Nous profitons donc d'une magnifique ciel étoilé. Le lendemain matin, nous poursuivons notre périple, que nous décidons de terminer après le déjeuner (nous aurions pu continuer jusqu'au coucher du soleil). Entre temps, l'intérieur de nos cuisses et notre derrière sot en effet très douloureux, nous nous demandons comment nous aurions supportés une excursion plus longue. Malgré tout, c'est une expérience inoubliable qui profite aussi aux habitants du déserts. En effet, pour de nombreux jeunes hommes, guider ainsi les touristes à travers le désert est une des seules débouchées professionnelles s'il ne veulent pas quitter la région. Nos deux accompagnateurs n'ont pas 18 ans, le plus jeune a tout juste 15 ans et c'est son revenu qui nourrit la famille. Vue la routine avec laquelle il s'occupe de nous, il a déjà pas mal de safaris derrière lui.

16 juin 2011

La ville bleue – Jodhpur

Après le repos de Pushkar, nous poursuivons notre circuit des cités royales du Rajastan. Nous nous dirigeons vers l'ouest pour nous rendre à Jodhpur, la ville bleue. La capitale de Marwar (« pays de la mort ») n'est pas appelé ainsi pour rien: une grande partie des habitations de la vieille ville est peinte en un bleue indigo intense. Nous nous en rendons compte en grimpant sur le toit de notre logement, une belle haveli (une espèce d'hôtel particulier à l'indienne). À l'origine, peindre sa maison en bleue était un privilège des brahmanes, aujourd'hui, chacun peut donner la couleur qu'il veut à ses murs. Comme l'indigo a aussi un effet anti-moustique, la couleur est populaire.
Jodhpur est surtout réputée pour son imposant forteresse qui trône au dessus de la ville. Comme d'habitude chez les maharaja rajputes, on y trouve des palais richement décorés et très luxueux. Au musée du palais, nous apprenons entre autre que le clan des souverains de Marwar seraient des descendant du dieu Krishna en personne, ce qui est prouvé par un arbre généalogique très détaillé. Ça aussi, c'est tout à fait courant chez les Rajputes, qui légitimaient leur pouvoir par des origines divins. Les différents clans se disent des descendants du soleil, de la lune ou encore du feu.
Plus encore que le fort, c'est le labyrinthe de ruelles de la vielle ville qui fait que Jodhpur nous plaît. On peut y vagabonder éternellement. Une grande partie des rues forment un immense bazaar, ou la population locale et les touristes peuvent trouver tout ce qui peut s'acheter. Malgré la chaleur très intense, nous nous promenons pendant des heures dans les ruelles, qui offrent de nombreux motifs à photographier.

15 juin 2011

Une petite ville de pèlerinage pour se reposer – Pushkar

En route d'Udaipur à Pushkar, nous faisons un arrêt à Ajmer, une ville très musulmane au centre du Rajastan. Ici se trouve un sanctuaire sufi qui attire des pèlerins du monde entier, et pas seulement des musulmans. Nous n'avons pas bien choisi notre journée pour la visite de la ville. En effet, ce jour là, c'est l'urs annuel, donc le grand pèlerinage pour lequel 800.000 personnes viennent peupler les rues étroites de la vielle ville. Vue la foule, nous nous abstenons de visiter le sanctuaire. Le passage à Ajmer en valait tout de même la peine, c'est une expérience de déambuler dans les ruelles dans la foule. Nous visitons aussi entre autre un temple jaïn ou se trouve un bizarre modèle en or qui recrée des évènements importants de la vie du premier tithankara (l'un des 24 prophètes du jaïnisme).
Pushkar, petite ville de pèlerinage hindoue située autour d'un lac entoure de ghats, se trouve tout près d'Ajmer et est tout le contraire de sa voisine. Ici, c'est très calme. La ville abrite l'un des rares temples dédiés à Brahma dans le monde. Elle est aussi réputée pour sa foire aux chameaux, pour laquelle des dizaine de milliers d'humains et de bêtes confluent ici. Quand ce n'est ni la foire ni la saison des pèlerinage, Pushkar est un lieu idéal pour souffler un peu. Ce n'est donc pas étonnant que de nombreux voyageurs passent par ici pour se reposer quelques jours. Nous n'avons pas beaucoup de temps, car notre programme pour les semaines à venir est très chargé, mais bien assez pour explorer la ville, regarder l'offre des nombreux magasins, nous offrir pour une fois une pizza et gravir une colline ou se trouve un temple offrant une vue fantastique sur les environs.
Comme partout, les gens ici sont très sympas. Par contre, nous faisons une nouvelle fois l'expérience qu'il ne faut pas tout croire ce que l'on nous raconte. Lorsque nous voulons quitter Pushkar, nous avons un peu de mal à trouver quel est le bon bus à prendre. Nous obtenons des renseignements contradictoires mais trouvons finalement un bus qui nous amènera à Jodhpur. En fait, il semble que l'on voulait nous faire prendre le confortable mais comparativement coûteux bus deluxe. Nous restons fidèle au bus publics bringuebalants ou on a peu de place pour les jambes.

13 juin 2011

Une ville de rêve pour le Maharana – Udaipur

Venant du sud, Udaipur est notre porte d'entrée vers le Rajastan, le „pays des rois“. L'État du nord-ouest de l'Inde est sans aucun doute la région la plus touristique du pays, ce dont nous nous rendons compte aussi à Udaipur. La vieille ville est plus ou moins entièrement consacrée au tourisme, il y a énormément d'hôtels, de restaurants et de magasins pour les visiteurs étrangers. Tour de même, le centre historique n'a pas le même aspect muséal qu'ont beaucoup de vieilles villes restaurées en Europe. Dans les ruelles, la vie est toujours dominée par le brouhaha habituel de la population locale. Au rez-de-chaussée de presque chaque maison se trouve un petit magasin ou un atelier artisanal. Udaipur est une ville très agréable, car au centre, il y a peu de circulation et nous sommes laissés plutôt tranquilles par le vendeurs et autres chauffeurs de rickshaw.
Udaipur a la réputation d'être l'une des villes les plus romantiques du sous-continent, et cela avec raison. Les Maharanas de Mewar (d'après eux la dynastie ayant le plus longtemps règné sans interruption dans le monde) se sont ici construits une ville de rêve. Sur les lacs artificiels se trouvent des palaces (dont le Lake Palace ou fût en partie tourné le James Bond « Octopussy »), un énorme City Palace, des châteaux sur les crêtes alentours, de magnifiques parcs et des cénotaphes impressionnant pour commémorer les souverains défunts. Bien sûr, nous visitons tous les attraits importants, faisons énormément de photos et nous reposons sur le toit de notre hôtel tout en profitant de la vue magnifique. Pour finir notre séjour, nous assistons à un spectacle de danses folkloriques du Rajastan qui nous plaisent beaucoup et nous impressionnent. En particulier, une danseuse tenant une tours de 9 cruches d'eau sur la tête nous laisse bouche bée.

12 juin 2011

Une ville que l'on doit conquérir – Ahmedabad

En arrivant à Ahmedabad, nous avons quelques difficultés à apprivoiser la ville. Tout d'abord, les journées (et les nuits) que nous y passons, il y règne une chaleur très lourde, la sueur coule à flot. Aussi, la ville est bruyante et chaotique, la circulation très dense. Une nouvelle fois, traverser la rue devient une vrai aventure. Il nous faut une journée entière pour vraiment commencer à apprécier cette ville.
En effet, Ahmedabad a pas mal d'attraits. Nous nous joignions à une visite guidée à travers les ruelles de la vielle ville. Celle-ci est divisé en 600 petits quartiers, dont chacun abritait historiquement les membres d'une caste, donc d'une profession. On y trouve de magnifiques demeures (parfois un peu délabrées), des temples bien cachés et d'imposantes mosquées. À Ahmedabad, il y a également de nombreux marchés plein de vie on on trouve de tout. La ville est également réputée pour l'ashram fondé ici par Mohandas Gandhi, le premier que le Mahatma fonda en Inde et où il vécut pendant une quinzaine d'années. Le Musée qui s'y trouve est très instrucif et très bien fait.
Malgré tout et bien que nous ne regrettons pas notre passage dans la ville, nous sommes heureux lorsque nous montons dans le train de nuit pour quitter Ahmedabad. Prochaine étape: Udaipur, qui promet d'être bien plus calme et où la chaleur est moins pesante. 

10 juin 2011

Une colline pleine de temples – Palitana

Il n'y a qu'une raison pour se rendre à Palitana, c'est la colline se trouvant à proximité de la ville. S'y trouvent des centaines de temples jaïns. Palitana est en effet le lieu de pèlerinage le plus important du jaïnisme. La majorité des membres de cette communauté religieuse assez proche de l'hindouisme vit dans l'Etat du Gujarat, où nous nous trouvons en ce moment.
Avant de partir explorer les temples de bonne heure le lendemain matin, nous explorons l'après midi précédent Palitana. La ville ne se trouve pas sur les circuits touristiques habituels. On y trouve étonnement peu d'hôtels et de restaurants, les pèlerins logent habituellement dans les dharamsalas (abris pour pèlerins), auxquels nous n'avons pas accès. Il n'y a même pas de cybercafé dans la ville. Par contre, les gens sont très ouverts et bavardent avec nous même quand ils n'ont rien à vendre. Ainsi, nous bavardons assez longtemps avec un retraité dont le passe-temps favori semble être de discuter avec des touristes. Il nous fait visiter le magasin de la famille, spécialisé dans les produits de tabac. En même temps, il nous explique que tous les produits vendus ici sont très nocifs pour la santé. « Il n'y a rien pour vous ici! ». Nous en apprenons également beaucoup sur le jaïnisme. Ensuite, nous assistons à une procession qui a lieu à l'occasion de l'inauguration d'un nouveau temple. Des nombreux carosse en décoré d'argent et transportant des gens habillé de vêtements de fête sont tirés par des chevaux et des chameaux. Il y a de la musique et les danses enivrés habituelles.
Le lendemain matin, nous partons très tôt car nous voulons gravir les 3200 marche qui permettent de gravir les 600 mètres de dénivelé menant au temples avant la grosse chaleur. Nous montons en compagnie de centaines de pèlerins, les efforts commun créent une ambiance particulière. Bien sûr, nous sommes comme toujours bombardés de questions. Qui est trop paresseux ou trop faible pour gravir la colline peu embaucher des porteurs. Le coût: 1000 roupies, soit environ 16 Euros.
L'ascension de la colline en vaut la peine. Arrivé en haut nous attendent une multitude de temples magnifiquement décorés à l'extérieur et à l'intérieur ainsi qu'une belle vue sur les paysages alentours. Cette dernière est malheureusement un peu troublée par la brume. Dans la plus grande partie du complexe règne un calme paisible, car la foule se concentre autour du temple principale. Ici on assiste ou brouhaha habituel des temples importants. Les activités ne sont pas bien différentes à ce qui se passe dans les temples hindous, sauf que la dévotion n'est pas dirigée vers un dieu, mais vers les 24 Tithakaras (gourous) du jaïnisme.
La descente des marche est très désagréable. Entre temps, le soleil brule et nos réserves d'eau sont épuisées. De l'eau est bien distribuée le long du trajet mais nous préférons ne pas la boire, même s'il paraît qu'elle est bouillie. Aussi, les pieds sont entre temps bien douloureux, cela fait des heures que nous marchons pieds-nus. Arrivé en bas, ça fait du bien de reprendre des force avec de l'eau fraîche et un bon thali du Gujarat. 

4 juin 2011

Un peu de repos loin de la grande ville – Díu

Exceptionnellement, nous nous offrons le luxe de prendre l'avion pour rejoindre Díu de Mumbai. Une heure de vol au lieu de 24 heures en bus, ça vaut la peine! L'aéroport de l'ancienne enclave portugaise est minuscule, on débarque de l'avion, rejoint en quelques pas le bâtiment d'arrivée ou on sont délivrés les bagages à la main. Dix minutes après l'atterrissage, nous quittons l'aérodrome.
À Díu, nous trouvons un hébergement magnifique, une chambre (ou plutôt une suite avec salle de séjour et chambre à coucher) dans une église. Des conditions idéales pour profiter du calme idyllique de Díu en dehors de la saison touristique.
Le calme es le repos sont les raisons principales pour notre visite sur l'île de Díu. Nous passons donc beaucoup de temps sur les plages de l'île. Pour les rejoindre, nous louons une mobylette. Tout d'abord, nous nous rendons à Nagoa Beach, où il y a pas mal de monde. Comme c'est très excitant pour les indiens de voir une joli jeune femme en maillot de bain, cette plage n'est pas vraiment reposante pour nous. Nous poursuivons donc notre route et trouvons la magnifique plage de Gomptimata. Celle-ci est déserte et nous allons y passer des heures à nous baigner et nous reposer.
Bien sûr, nous faisons également un peu de tourisme. Nous visitons notamment le très beau fort de Díu et nous perdons dans le labyrinthe de ruelles de la vielle ville. Lorsque l'on quitte la ville et qu'on se promène sur l'île, on trouve quelques petits villages paisibles et reculés qui créent un contraste interessant avec Díu Town, qui est bien touristique. Comme nous nous sentons bien ici, c'est avec regret que nous quittons Díu après un séjours de trois jours. Nous nous mettons en route pour Palitana. 

31 mai 2011

En visite dans la plus grande ville du monde – Mumbai

Cela fait des années que je suis fasciné par Bombay, cette énorme métropole dont j'ai fait la connaissance entre autre grâce aux romans de Salman Rushdie. J'ai enfin l'occasion de visiter « en vrai » cette ville de 17 millions d'habitants (25 millions d'après certaines estimations officieuses), qui se dit elle-même la plus grande ville du monde.
Gateway of India
C'est aussi ici à Mumbai que se termine mon voyage en solitaire. En effet, ma copine Andrea m'a rejoint et va m'accompagner pendant quatre semaine. Les retrouvailles étaient attendues depuis longtemps, nous de nous étions pas vus depuis trois mois.
Ce n'est pas une nouvelle, mais Bombay est une ville des extrêmes. Comme la plupart des touristes, nous logeons à Colaba, à la pointe sud de la ville. Ici, les rues sont calmes, propres et ordonnées. Dans les rues secondaires, on trouve de beaux immeubles anciens et bien entretenus, de la verdure et des rangées de grosses voitures garées juste devant. Par contre, quelques mètres plus loin se trouve un petit bidon-ville. Nous retrouvons cette proximité entre la richesse et l'extrême pauvreté partout ou nous allons en ville, que ce soit dans les rues commerçantes ou le quartier résidentiel huppé de Malabar Hill. En même temps, presque partout, il y a énormément de monde et beaucoup de bruit. Un vrai choc pour Andrea. De plus, il fait très lourd, ce qui n'arrange pas les choses. Je ne pense pas avoir déjà sué autant pendant mon voyage.
Victoria Terminus
Bien sûr, nous avons exploré tous les sites touristiques de la ville et aussi embarqué le ferry pour nous rendre à Elefanta Island, où se trouvent de magnifiques grottes scupltées. Comme c'est dimanche, il y a du monde. Nous posons pour de nombreuses photos avec des familles indiennes et avons droit aux interviews habituels sur notre origine et nos noms. Au retour, sur le bateau, c'est la panique: un scorpion montre le bout de son nez. La pauvre bête n'aura plus longtemps à vivre et les choses ce calment.
Elephanta Island
Nous avons fait une autre rencontre avec le monde animal de Bombay juste avant notre départ. Alors qu'Andrea enfilait son pantalon, elle se rend compte d'une bosse dans sa poche. Un animal pointe son museau par l'ouverture. Le pantalon est très vite renlevé et jeté par terre. Sort de la poche une petite chauve-souris un peu paniquée. Pas facile de la faire sortir de notre chambre, je parviens à la diriger vers la fenêtre avec mes tongues. 

28 mai 2011

Pas une plage de rêve mais tout de même une destination intéressante – Murud

Lorsque j'arrive à Murud, je suis d'abord un peu déçu. Au lieu de la plage de sable blanc espérée, je trouve une bande de sable noir. De plus, le sable est visqueux et collant, on croirait presque qu'il y a eu ici une petite marée noire. En tout cas, je perd l'envie de me coucher sur la plage pour me prélasser au soleil. Aussi, le fort se trouvant sur une île au large de la plage s'avère être une ruine peu impressionnante. Pourtant, j'ai fait un long voyage en bus, en bateau et encore en bus pour venir ici. En route, j'ai eu un premier aperçu de l'immensité de Mumbai. J'ai bien dû mettre deux heures pour traverser en bus et en taxi la ville de ses banlieues jusqu'au Gateway of India, où j'ai embarqué sur mon ferry.
Je ne me laisse pas décourager par la première impression et commence par me baigner. Concernant le paysage, la Côte du Konkan, le littoral du Maharashtra au sud de Bombay, est magnifique. On y trouve des plages de sable et des falaises. Par endroit, on se croirait sur la Côte d'Azur. La plage de Murud est encadré de cocotiers et de rochers. À son extrémité nord trône un château néogothique qui ne semble pas ici à sa place, c'est la résidence de Nawabs de Janjira. Au lieu de me prélasser à la plage, j'explore les environs. Le petit port de pêche de Murud est bien pittoresque, tout comme le quartier des pêcheurs juste à côté. Je découvre également que le fort impressionnant, c'est celui qui se trouve une baie plus loin. La forteresse de Janjira sort de la mer et domine la baie. En le voyant, on comprend pourquoi le fort est le seul de la côte ouest indienne à ne jamais avoir été conquis, ni par les assaillants Anglais, Hollandais ou Portugais, ni par les puissants Marathes. Pour m'y rendre, je fais une belle balade en haut des falaises, puis je prend l'un des petits voiliers bien chargés qui y transporte les touristes.
Murud est la première station balnéaire que je visite en Inde n'étant pas en premier lieu faite pour les touristes étrangers. Cela a pas mal d'avantages: pas de vendeurs qui vous dérangent sur ou aux abords de la plage, pas de restaurants servant de la nourriture pseudo-occidentale. Par contre, des familles nombreuses de Mumbai et Pune qui viennent passer ici quelque temps pour échapper à la grande ville. Eux, ça ne les dérange pas que la plage ne soit pas très propre: tant que l'on peu y jouer au cricket et se baigner, c'est parfait. Il y a aussi d'autres moyens de passer son temps sur la plage, tel des promenade à dos de dromadaire ou en calèche. En tout cas, j'ai eu mes journées de détente, bien que ça ait été différent de ce que j'avais prévu.

27 mai 2011

Vadodara

Heureusement, de nombreux hôtels se trouvent tout près de la gare à Vododara. Je m'y rend directement à mon arrivée et fais par chance un excellent choix. Pour un prix assez bon marché, je récupère un chambre assez petite, mais qui offre un très bon confort: excellent service, douche avec une bonne pression d'eau (malheureusement pas très fréquent ici) et le petit déjeûner copieux compris et servi dans la chambre. Je profiterai bien de tout ca lors de mon séjour à Vadadora. Mais d'abord, je vais directement sous la douche pour me libérer de la saleté du voyage et ensuite, au lit.
Comme Ujjain, Vadodara doit ma visite surtout à sa situation géographique sur ma route. Je passe ici deux jours tranquilles, profitant des avantages de la grande ville moderne mais à taille humaine. À première vue, Baroda pourrait presque être une ville européenne. La gare et neuve et bien organisée, juste à côté il y a un quatier avec des tours d'hôtels et des restos qui vise une clientèle de classe moyenne et étudiante. L'université n'est pas loin et ses étudiant sont très visibles en ville. On voit bien plus de gens habillés de matière occidentale qu'ailleurs. J'aperçois même un jeune femme en shorts, ce qui est presque impensable ailleurs en Inde.
Je fais quand même un peu de tourisme et visite notamment le château du maharaja de Baroda. Datant de 1890, le château est énorme et somptueux. Il est d'un style assez éclectique, combinant des éléments néogothiques et italiens avec des styles locaux: marathe, rajput, mogol. On n'a pas lésiné sur les moyens: sculptures, marbres et mosaïques italiens, le plus grand nombre de vitraux de tout le pays, des peintures du plus célèbre peintre indien Raja Ravi Varma. Le tout est dans un état de conservation excellent, sans doute parce-que le maharaja et sa famille résident toujours sur les lieux. Même aujourd'hui, sa majesté ne doit pas mourir de faim...
Quelques photos

25 mai 2011

Des expériences culturelles et spirituelles inoubliables – Ujjain

Normalement, Ujjain n'était pas vraiment prévue comme étape sur mon voyage. Mais comme la ville se trouvait sur ma route et que je n'avait pas envie de refaire encore un long trajet, j'y ai passé une journée et demie. Ujjain est l'une des sept villes saintes de l'Inde. Elle est aussi l'un des quatre lieux du pays où se passe tous les douze ans une khumb mela. Se trouve également ici l'un de 12 jyoti lingas du pays, un shiva lingam ayant son shikta (énergie créative) naturellement en soi et ne devant pas le recevoir par des rituels brahmaniques. De plus, Ujjain se trouve exactement sur le tropique du cancer et c'est le Greenwich indien. Le méridien zéro de la géographie indienne passe dans la ville.
Malgré sa longue histoire, il n'y a à Ujjain pas grand chose à visiter et la ville n'est pas bien belle à voir. Comme Ujain est tombée à plusieurs reprises aux mains de conquérants musulmans, nombre de ses temples ont été détruits à maintes reprises. Les versions actuelles des temples datent toutes du 19ème où 20ème siècle. Par contre, on peut ici absorber l'atmosphère d'une ville de pèlerinage. Le meilleur endroit pour ce faire sont les ghats, ces marches qui bordent la rivière. Ici, les croyants prennent leur bain rituel dans la rivière Shipra pour se purifier de leurs pêchés. Je passe pas mal de temps au Ram Ghat, à la tombée de la nuit et tôt le matin quand il y a le plus d'activité. Bien qu'il y ait moins de monde que je l'aurais pensé, on peut observer les rituels et essayer de capturer l'ambiance. Les chants, les tambours, les petits feux, les gens se baignant, c'est vraiment particulier. Bizarrement, tout ça à l'effet de me calmer.
J'ose aussi une visite dans le temple le plus sacré de la ville, le temple Mahakaleshwar, ou se trouve le jyoti linga. C'est tout une aventure. Le temple est fait pour pouvoir accueillir un maximum de monde. Il y a une énorme zone d'attente ou la queue peut être canalisée en zigzague comme dans les parcs d'attractions. Aujourd'hui, il n'y avait heureusement pas trop de monde, mais j'attends quand même un bon moment. La queue passe aussi à travers les catacombes du temple. L'ambiance est déjà tendue, les pèlerins sont énervés. Chacun à avec lui des offrandes pour la divinité (fleurs, noix de cocos, lait, etc.) on chante, on papote. Bien sûr, j'attire l'attention et je suis vite inclut dans les échanges. En route, on passe devant de nombreux petits sanctuaires secondaires, où on peut déjà se débarrasser de quelques offrandes. Dans le sanctuaire principal, c'est le chaos total. Tout le monde veut approcher l'icône, la toucher, verser sur elle ses offrandes. Le tout est supervisé par les brahmanes, qui veillent à ce que tout se passe comme il faut. À mon avis, à Lourdes , les choses ne doivent pas se passer bien différemment.
Je fais une autre expérience que je n'oublierai pas sitôt en quittant Ujjain pour rejoindre Baroda, ma prochaine étape. Le seul bon moyen de faire le trajet est de prendre le train. Malheureusement, toute les places réservables son prises. Je n'ai donc pas d'autre choix que de m'acheter un billet de seconde classe, où on ne doit pas réserver. Il y a un assez grand nombre de classes différentes dans les trains indiens. La classe standard est la sleeper class, qui correspond à peu près à la deuxième classe. La nuit, les place y sont transformées en couchettes. Il n'y a toujours que très peu de wagons de seconde classe dans les trains, les billets sont très bon marché (je paie l'équivalent de € 1,50 pour un trajet de plus de 300 kilomètres). Par contre, les places y sont souvent prises d'assaut et ces wagons sont la plupart du temps bondés.
Quand le train arrive en gare d'Ujjain, le wagon de seconde place est déjà tellement plein qu'on dirait que plus personne ne pourra monter à bord (du moins en voyant les choses à travers la perspective d'européen). Je me fraye tant bien que mal un chemin pour réussir à monter en même temps que bien d'autres nouveaux passagers. Avec mon gros sac à dos, ce n'est pas gagné d'avance. Un vrai combat. Une fois à bord, on est tellement serré qu'on ne peut à peine bouger. Avec l'aide d'autres passagers, je me débarrasse de mon sac, qui est passé au dessus de têtes pour trouver une place dans les toilettes transformées en pièce supplémentaire pour accueillir les bagages et quelques personnes. L'ouverture des toilettes à la turque est couverte d'une plaque en verre, c'est donc propre et cela ne sent pas. Je passe les 6h30 du voyage tout d'abord devant, puis dans les toilettes, toujours en compagnie de pas mal de monde.
En route, il règne une ambiance particulière et plutôt conviviale. On partage le même sort, donc autant rendre le tout le plus agréable possible. Assez vite naissent des conversations. Quand le train entre dans une gare, on va remplir à tour de rôle les réserves d'eau ou va chercher à manger (les trains s'arrêtent toujours assez longtemps). De plus, « nos » toilettes servent de temps à autre à fumer une cigarette en cachette. Dommage que je ne parle pas l'hindi, car personne autour de moi ne parle anglais. Mais en me regardant avec un regard en disant beaucoup, certains s'exclament: « Indian Railways ». Quand le train arrive (à l'heure) à Baroda un peu avant minuit, je suis très content d'arriver. Bien que je ne voudrais pas forcément recommencer, c'était une expérience inoubliable que l'on ne peut sans doute faire qu'ici en Inde.
Je n'ai fait que quelques photos à Ram Ghat.

24 mai 2011

Mandu: un Hampi musulman

Un voyage en bus de 15 heures me mène à Mandu. Je prend d'abord un bus de nuit, puis, depuis Indore, des bus locaux. Le dernier est plein à craquer: je suis debout dans le couloir central et dois baisser la tête, car elle touche le plafond. À part moi, cela ne gêne personne, je suis de loin le plus grand à bord. Le bus est tellement plein que certains passager doivent monter sur le toit.
À Mandu, je choisis de loger à l'Hôtel Maharaja. Le nom est trompeur, les chambres sont très simples et auraient besoin d'être rénovées. Elles sont disposées autour d'un jardin entièrement desséché. Mais c'est bon marché. Je peux choisir ma chambre, car je suis le seul à loger là. Je prend la seule avec douche en état de foncitonnement.
Mandu était longtemps la capitale des souverains de l'État de Malwa, qui couvrait la région dans le sud-ouest du Madhya Pradesh actuel. En 1304, la ville devint musulmane après a conquête par le Sultanat de Delhi. L'Afghan Dilawar Khan devint son gouverneur en 1401 et établit ici son propre royaume. Mandu est donc marqué par l'architecture afghane. Après la prise de l'État par les Marathes au 18ème siècle, la capitale fût déplacée à Dhar et Mandu commença à décliner. Aujourd'hui, il ne reste qu'un village tranquille, duquel on peut explorer le plateau de 20 kilomètres carrés sur lequel s'étalait l'ancienne capitale. Le plateau est parsemé de ruines plus ou moins en bon état, essentiellement des palais, mosquées t autres mausolées. On se croirait presque à Hampi, sauf que les bâtiments ne sont pas des temple hindous, mais des mosquées. En plus, c'est bien plus calme.
On se sent ici un peu dans un monde à part, loin de l'agitation des villes et d'autres lieux touristiques que j'ai visités jusqu'ici. Mandu n'attire pas énormément de touristes, même en haute saison. En ce moment, lors de la saison chaude, il n'y a pratiquement personne. Je pense que je suis le seul occidental sur place lors de mon séjour. Sauf quelques touristes indiens et enfants les utilisant comme terrain de jeux, je ne croise pratiquement personne lorsque j'explore les ruines.
La chaleur est fatigante. Je me lève tôt pour profiter de la relative fraîcheur matinale et fais une longue pause pendant la période la plus chaude de la journée. Le reste du temps, je me promène dans et autour de la ville en vélo. Le gens ici font preuve d'une certaine retenue, personne n'essaie de me vendre quelque chose comme c'est le cas ailleurs à la vue de touristes occidentaux. Les enfants viennent à ma rencontre en disant « bye-bye », ce qui est assez marrant, et sont, comme ailleurs, heureux si je prend leur photo. On peut également agréablement bavarder avec les habitants du coin, mais c'est souvent un peu difficile, car peu savent parler anglais. Ce n'est pas étonnant, nous sommes vraiment ici dans la province profonde.